Comtesse de Noailles - Tendresse

Claude Monet - Der Rosenweg in Giverny



TENDRESSE


J'écoute près de toi la musique, et je vois
Ta bouche et ton regard respirer à la fois;
Nous sentons notre vie abonder côte à côte:
Ce que la destinée apporte ou ce qu'elle ôte
Ne peut plus nous toucher; nous sommes accomplis
Comme deux morts anciens dans l'ombre ensevelis
Et qui, rigides, font un infini voyage . . .
Il me suffit de voir scintiller ton visage
Pour déguster la paix du milieu de l'été.
— Désir immaculé, passion innocente:
T'absorber par le cœur, sans que le corps ressente
Aucune humaine volupté!


(Comtesse de Noailles, Les vivants et les morts, Arthème Fayard & Co, Éditeurs, Paris, 1913)



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